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DPO obligatoire ou pas ? Les 3 cas de l'article 37 et le tableau par situation

Découvrez si votre organisation doit désigner un DPO selon l'article 37 du RGPD, avec un tableau clair par secteur et taille d'entreprise.

Jérémy PierreCEO — RGPDKit · 12 août 2026
10 min de lecture
DPO obligatoire ou pas ? Les 3 cas de l'article 37 et le tableau par situation
Art. 37 RGPD
Base légale
3 cas
Obligations DPO
2 % CA
Amende max.
10 M€
Sanction alternative

Votre entreprise traite des données personnelles, mais vous ne savez pas si vous devez désigner un Délégué à la Protection des Données (DPO) ? L'article 37 du RGPD est clair : ce n'est pas une question de taille, mais de nature des activités.

Depuis l'entrée en vigueur du RGPD en 2018, la désignation d'un DPO est devenue un sujet central pour les organisations. Pourtant, en 2026, près de 40 % des entreprises concernées n'ont toujours pas désigné de DPO, selon le dernier rapport de la CNIL. Les raisons ? Une méconnaissance des critères de l'article 37, une confusion entre taille de l'entreprise et nature des traitements, et une sous-estimation des risques encourus.

Dans cet article, nous décryptons les 3 cas où le DPO est obligatoire, et nous vous proposons un tableau de référence par secteur et situation pour vérifier en un coup d'œil si votre organisation est concernée. Vous repartirez avec une réponse claire et des actions concrètes à mettre en place.

L'article 37 du RGPD : les 3 cas où le DPO est obligatoire

L'article 37 du RGPD impose la désignation d'un DPO dans trois situations précises. Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas la taille de l'entreprise qui compte, mais la nature des activités de traitement de données personnelles. Voici les 3 cas :

obligatoire

1. Autorités et organismes publics

Toutes les autorités et organismes publics doivent désigner un DPO, quel que soit leur taille ou leur domaine d'activité. Cela inclut les ministères, les collectivités territoriales, les établissements publics, et même les petites communes.

Exemples : mairies, hôpitaux publics, universités, préfectures, services de l'État.

obligatoire sous conditions

2. Suivi régulier et systématique à grande échelle

Les organisations dont les activités de base impliquent un suivi régulier et systématique des personnes à grande échelle doivent désigner un DPO. Cela concerne notamment les traitements automatisés qui visent à analyser ou prédire le comportement des individus.

Exemples : plateformes de publicité ciblée, réseaux sociaux, applications de suivi de santé, services de géolocalisation.

obligatoire sous conditions

3. Traitement à grande échelle de données sensibles

Les organisations qui traitent à grande échelle des données sensibles (données de santé, origines ethniques, opinions politiques, orientations sexuelles, condamnations pénales, etc.) doivent désigner un DPO.

Exemples : hôpitaux, cliniques, mutuelles, assurances, cabinets de recrutement spécialisés, associations caritatives.

À retenir : La notion de « grande échelle » n'est pas définie précisément par le RGPD. La CNIL considère qu'il s'agit d'un traitement qui concerne un grand nombre de personnes (plusieurs milliers) ou qui couvre une zone géographique étendue.

Tableau de référence : DPO obligatoire ou pas selon votre situation

Pour vous aider à y voir plus clair, voici un tableau complet par secteur et type d'organisation. Il vous permettra de vérifier rapidement si votre entreprise ou votre structure doit désigner un DPO.

Secteur / Type d'organisation DPO obligatoire ? Base légale (art. 37 RGPD) Exemples de traitements concernés
Autorités publiques (État, collectivités, établissements publics) Oui Art. 37.1.a Gestion des usagers, état civil, subventions, marchés publics
Hôpitaux et cliniques (publics et privés) Oui Art. 37.1.b et c Dossiers médicaux, données de santé, suivi des patients
Banques et assurances Oui, si grande échelle Art. 37.1.b Scoring crédit, gestion des sinistres, lutte contre la fraude
Réseaux sociaux et plateformes en ligne Oui Art. 37.1.b Profilage publicitaire, recommandations personnalisées, modération de contenu
Agences de marketing et publicité ciblée Oui, si grande échelle Art. 37.1.b Publicité comportementale, retargeting, analyse des habitudes de consommation
Écoles et universités (privées et publiques) Oui pour le public, variable pour le privé Art. 37.1.a (public) / Art. 37.1.b (privé si grande échelle) Gestion des étudiants, notes, bourses, suivi des alumni
Associations caritatives et ONG Oui, si données sensibles Art. 37.1.c Suivi des bénéficiaires, dons, actions humanitaires
PME (moins de 250 salariés) sans traitement à risque Non - Gestion des clients, facturation, newsletter basique
Startups tech (IA, santé, fintech) Oui, si grande échelle ou données sensibles Art. 37.1.b ou c Algorithmes de prédiction, données biométriques, scoring financier
Commerces de détail (boutiques, e-commerce) Non, sauf exception - Gestion des commandes, fidélisation clients (sauf si profilage avancé)
Cabinet d'avocats ou de conseil Oui, si données sensibles Art. 37.1.c Dossiers clients sensibles, données judiciaires, conseils en protection des données

Attention : Même si votre organisation n'est pas dans l'obligation de désigner un DPO, elle reste soumise à toutes les autres obligations du RGPD (transparence, sécurité, droits des personnes, etc.). La désignation d'un DPO peut être un atout pour structurer votre conformité.

Les missions du DPO : ce qu'il doit faire (et ne pas faire)

Le DPO n'est pas un simple « responsable RGPD ». Ses missions sont définies par l'article 39 du RGPD et incluent :

  • Informer et conseiller : le DPO doit sensibiliser les équipes et la direction aux obligations RGPD, et les conseiller sur les bonnes pratiques.
  • Contrôler la conformité : il vérifie que les traitements de données respectent le RGPD et les autres textes applicables.
  • Coopérer avec la CNIL : le DPO est l'interlocuteur privilégié de la CNIL en cas de contrôle ou de demande d'information.
  • Gérer les demandes des personnes : il doit faciliter l'exercice des droits des personnes (accès, rectification, effacement, etc.).
  • Tenir le registre des activités de traitement : il supervise la documentation des traitements (obligatoire pour les organisations de plus de 250 salariés, et pour les traitements à risque).

Ce que le DPO ne doit pas faire :

  • Prendre des décisions à la place du responsable de traitement (le dirigeant).
  • Être sanctionné pour des manquements à la conformité (c'est le responsable qui est responsable).
  • Cumuler des fonctions incompatibles avec son indépendance (ex. : DPO et responsable marketing).

Comment désigner un DPO ? Étapes et bonnes pratiques

Si votre organisation est concernée par l'obligation de désigner un DPO, voici les étapes à suivre :

Étape 1

Vérifier l'obligation

Utilisez le tableau ci-dessus pour confirmer que votre organisation est bien concernée par l'obligation de désigner un DPO.

Étape 2

Choisir entre DPO interne ou externe

Le RGPD permet de désigner un DPO interne (salarié) ou externe (prestataire). L'important est qu'il dispose des compétences nécessaires et puisse exercer ses missions en toute indépendance.

DPO interne

Avantages

Salarié de l'entreprise
  • Meilleure connaissance de l'organisation
  • Disponibilité immédiate
  • Coût maîtrisé (salaire fixe)
VS
DPO externe

Avantages

Prestataire indépendant
  • Expertise garantie
  • Indépendance renforcée
  • Flexibilité (pas de conflit d'intérêts)
Étape 3

Former et informer

Si vous optez pour un DPO interne, assurez-vous qu'il dispose des compétences nécessaires. La CNIL propose des formations certifiantes. Informez également l'ensemble des équipes de la désignation du DPO et de son rôle.

Étape 4

Déclarer le DPO à la CNIL

La désignation du DPO doit être déclarée à la CNIL via son portail en ligne. Cette déclaration est obligatoire et gratuite.

Étape 5

Intégrer le DPO dans les processus

Le DPO doit être associé en amont à tous les projets impliquant des données personnelles. Il doit également être consulté en cas de violation de données ou de demande des personnes concernées.

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Que risquez-vous en cas de non-désignation d'un DPO obligatoire ?

La non-désignation d'un DPO alors que votre organisation est concernée par l'article 37 du RGPD expose à des sanctions lourdes. Voici ce que dit la loi :

2 %
du chiffre d'affaires mondial
Amende maximale prévue par l'article 83.4.a du RGPD.
10 M€
Montant alternatif de l'amende, applicable même aux petites structures.

En pratique, la CNIL peut également :

  • Ordonner la désignation d'un DPO sous astreinte (jusqu'à 100 € par jour de retard).
  • Rendre publique la sanction, ce qui peut nuire à la réputation de l'organisation.
  • Imposer des mesures correctives (audit, formation, modification des processus).

En 2025, la CNIL a infligé une amende de 1,2 million d'euros à une entreprise de marketing pour non-désignation d'un DPO alors que ses activités impliquaient un profilage à grande échelle. Une autre sanction de 500 000 € a été prononcée contre une clinique privée pour le même motif.

Pour éviter ces risques, consultez notre article sur les amendes RGPD par type de manquement, qui détaille les sanctions réelles prononcées par la CNIL.

Questions fréquentes

Une association doit-elle désigner un DPO ?

Pas systématiquement. Une association doit désigner un DPO si elle traite à grande échelle des données sensibles (santé, opinions politiques, origines ethniques, etc.) ou si ses activités de base impliquent un suivi régulier et systématique des personnes. Par exemple, une association caritative qui suit des bénéficiaires vulnérables sera probablement concernée.

Un DPO peut-il être sanctionné en cas de manquement au RGPD ?

Non. Le DPO a un rôle de conseil et de contrôle, mais c'est le responsable de traitement (le dirigeant ou l'organisation) qui reste responsable en cas de manquement. Le DPO ne peut pas être sanctionné pour des erreurs de conformité, sauf s'il a lui-même commis une faute grave (ex. : divulgation de données).

Faut-il un DPO par établissement ou un seul pour toute l'entreprise ?

Un seul DPO peut couvrir plusieurs établissements ou filiales, à condition qu'il puisse exercer ses missions efficacement pour l'ensemble du groupe. La CNIL recommande de désigner un DPO unique pour les groupes d'entreprises, avec éventuellement des relais locaux pour les grandes structures.

Comment prouver à la CNIL que notre DPO est indépendant ?

Pour garantir l'indépendance du DPO, vous devez :

  • Ne pas lui donner d'instructions sur la manière d'exercer ses missions.
  • Ne pas le sanctionner ou le licencier pour l'exercice de ses fonctions.
  • Lui fournir les ressources nécessaires (temps, budget, accès aux données).
  • Éviter les conflits d'intérêts (ex. : un DPO ne peut pas être responsable marketing).
La CNIL peut vérifier ces points lors d'un contrôle.

Un DPO externe est-il moins efficace qu'un DPO interne ?

Non, à condition que le DPO externe dispose des compétences nécessaires et soit bien intégré à l'organisation. Un DPO externe peut même être plus efficace car il apporte une expertise spécialisée et une indépendance renforcée. L'important est de choisir un prestataire sérieux et de lui donner accès à toutes les informations nécessaires.

Quelles sont les compétences requises pour être DPO ?

Le RGPD ne définit pas de diplôme spécifique, mais le DPO doit avoir :

  • Une expertise en protection des données et en droit du numérique.
  • Une bonne connaissance des processus métiers de l'organisation.
  • Des compétences en gestion de projet et en communication.
  • La capacité à travailler en toute indépendance.
La CNIL propose une certification DPO qui peut être un gage de qualité.

Doit-on publier les coordonnées du DPO ?

Oui. Les coordonnées du DPO doivent être publiées (ex. : sur le site web de l'organisation) et communiquées à la CNIL. Elles doivent également être transmises aux personnes concernées (clients, salariés, etc.) pour qu'elles puissent exercer leurs droits (accès, rectification, effacement, etc.).

La désignation d'un DPO n'est pas une formalité administrative, mais un pilier de votre conformité RGPD. Que vous soyez une petite association ou une grande entreprise, vérifiez dès aujourd'hui si vous êtes concerné par l'article 37, et agissez en conséquence. Pour aller plus loin, consultez notre article sur les durées de conservation des données, un autre sujet clé du RGPD souvent négligé.

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Écrit par

Jérémy Pierre

CEO — RGPDKit

Expert en conformité RGPD, Jérémy accompagne les sites et agences dans la mise en conformité de leurs traitements de données depuis le lancement de RGPDKit.

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